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La formation des salaires en Belgique se fait par négociation sociale. Plusieurs acteurs de l’économie y sont représentés. Notamment les travailleurs et les employeurs, par l’intermédiaire des syndicats et du patronat. 


Une négociation salariale peut se dérouler à trois niveaux différents : le niveau national, le niveau sectoriel ( le secteur de la distribution par exemple) et au niveau de l’entreprise. Chacun des trois niveaux a des avantages et des inconvénients; en règle générale la négociation se fait à un niveau national et sectoriel pour les emplois peu qualifiés et au niveau de l’entreprise pour le travail qualifié. Le niveau national a l’avantage de garantir une certaine homogénéité, au contraire d’une négociation au niveau de l’entreprise. Une négociation salariale au niveau sectoriel ne prend généralement pas tous les volets de l’économie en compte et a donc tendance à imposer des salaires trop hauts.

Les accords salariaux se négocient tous les deux ans et sont le lieu de longues discussions entre les représentants des travailleurs et les représentants des patrons. En effet, les uns désirent augmenter les salaires et les autres désirent les garder tel-quel, voir les diminuer. Il faut savoir qu’en Belgique il existe une « indexation des salaires » . Cela veut dire que si l’on prévoit une inflation (augmentation du niveau générale des prix) de 3%, les salaires augmentent automatiquement de 3%. Cette mesure a un influence énorme sur le reste de l’économie : une prévision (fictive) de l’inflation de 3% entraîne une indexation ( augmentation des salaires lié à l’augmentation de l’inflation) de 3%. Comme les salaires augmentent, les entreprises augmentent les prix. En fin de compte l’inflation prévue a bien lieu.

Ceci a lieu dans un cadre purement national mais, dans un pays aussi ouvert que le nôtre, nous ne pouvons nous arrêter là. En effet, pour établir ses salaires, la Belgique doit tenir compte du salaire de ses voisins. La loi sur la sauvegarde de la compétitivité introduite en 1996 oblige les partenaires sociaux à tenir compte des évolutions salariales de la France, de l’Allemagne et des Pays-Bas.  

Hors, à ce jeu, l’Allemagne est un très mauvais élève européen car elle a décidé en 2003 (sous le gouvernement Schröder) de décentraliser au maximun son système de négociations salariales (au niveau de l’entreprise) dans le but de limiter l’augmentation des salaires. Cette manœuvre a valu à l’Allemagne le titre de “Chine de l’Europe” car elle compte augmenter sa compétitivité avec des salaires bas et un marché intérieur laissé à l’abandon, toutes proportions gardées évidemment.

La Belgique est confrontée depuis quelques années au problème d’une indexation équivalente à l’augmentation salariale des pays voisins. Cette année, l’inflation prévue sur une période de deux ans est de 3,9% ; il faudra donc indexer les salaires de 3,9%. Hors les prévisions économiques annoncent une augmentation salariale dans les  trois pays de comparaison de…3.9%.

Si la Belgique ne veut pas voir sa compétitivité baisser  (ce qui est raisonnable de penser en sortie de crise), les salaires ne pourront pas augmenter de plus de 3,9% ; on se dirige donc vers une négociation salariales unilatérale sans augmentation des salaires, hormis l’indexation.

Ceci promet encore de moultes confrontations sociales…

Amaury Vanlangendonck

 

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