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Tout bon début 2011 commence par un bilan de 2010 ! C’est pourquoi je vous écris dans une édition « hors-série » une petite critique de la situation alimentaire mondiale. En effet, nous voulions aborder une nouvelle  thématique importante dans la société belge (l’alimentation) mais les enjeux  alimentaires ont de plus en plus une dimension européenne voir mondiale que strictement belge.

1 billon people live in chronic hunger and I’m mad as hell” a été le slogan de la campagne 2010 de la FAO*. En effet, malgré de multiples politiques alimentaires et agricoles mondiales, un progrès technologique exponentiel et d’importants transferts Nord-Sud, la faim des hommes n’est pas résolue. Les faits imposent donc une nouvelle analyse de la situation. Comment comprendre la problématique alimentaire et surtout, que pouvons-nous y faire ?

La situation agricole belge n’est pas réjouissante : on a pu lire dans les journaux que ces dernières années un agriculteur sur cinq gagne moins de 5000€ par an. De plus, le secteur agricole est l’un des secteurs économiques les plus inégalitaires. La célèbre Politique Agricole Commune (programme de subventionnement de l’agriculture de l’UE) n’a pas garanti un revenu stable et décent pour nos agriculteurs européens, ce qui était un de ses principaux objectifs. Elle est aujourd’hui sujette à de profondes réformes afin d’intégrer les problèmes du revenu et de la durabilité de l’agriculture. La présidence belge a réalisé quelques avancées dans cette réforme sous l’égide du Commissaire européen à l’Agriculture Dacian Ciolos.

Les agriculteurs du Nord comme du Sud, après avoir subi ces grandes politiques agricoles, s’imposent  aujourd’hui comme des interlocuteurs incontournables pour réaliser des politiques réellement efficaces visant l’objectif si primordial de l’éradication de la faim. Ils ont bien sûr une approche différente de celle des dirigeants mais des revendications bien souvent communes entre le Nord et le Sud. La principale d’entre-elles est la souveraineté alimentaire: le droit de chaque peuple de se nourrir. La souveraineté alimentaire inclut donc non seulement le droit à une alimentation de qualité, le droit à des revenus décents où les prix agricoles couvrent les coûts de production et permettent de vivre dignement de son activité agricole mais aussi le droit d’accès aux moyens de production et le droit de réglementer la production et le commerce agricole afin qu’ils répondent aux attentes de la société et respectent l’environnement. » (Plate Forme sur la Souveraineté Alimentaire). Ce droit a marqué les revendications des syndicats paysans durant la présidence belge de l’Union.

Solutions locales ?  En tant que citoyens avertis, nous devons essayer de comprendre les mécanismes qui opèrent dans notre société globalisée. A titre d’exemple, que l’agriculture intensive lourdement subventionnée n’est pas plus « soutenable » pour la planète, pour les dépenses publiques et pour la santé mentale du fermier belge que pour le paysan du Sud, censé la concurrencer.

Quels types de produits alimentaires privilégier ? La réponse peut paraitre simple mais ce sont les produits locaux. Pourquoi ? Par ce que l’achat de produit locaux non seulement minimise l’empreinte écologique des aliments mais redonne aussi aux paysans leur rôle premier dans leur société : nourrir leurs concitoyens. Seule cette proximité entre producteurs et consommateurs peut se porter garante d’une réelle qualité du produit. Donner du sens à ses choix, s’intéresser à la réalité du producteur, se questionner sur ce que l’on mange, exiger de la transparence par un contact plus direct et une réelle relation de confiance, … c’est ça être citoyen !

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*Food and Agriculture Organization for the United Nations. Ed resp. Vincent Delobel 1/302 Rampe des Ardennais 1348 LLN


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